Pierre Cardin, la fin d’un mythe

Le couturier français, Pierre Cardin, s’est éteint à l’âge de 98 ans, ce mardi 29 décembre, à l’hôpital de Neuilly-sur-Seine. Créateur autant qu’homme d’affaires, il a marqué les esprits avec sa mode expérimentale. Retour sur un parcours hors norme.

70 ans de création et toujours dans l’air du temps. Pierre Cardin a toujours suscité l’admiration des uns autant que l’irritation des autres. Celui que l’on nommait « le dernier monument de la couture française » a fait de son nom un emblème connu et reconnu dans le monde. Ses inventions « futuristes » sont gravées dans l’héritage mode du XXe siècle.

Difficile de détailler avec précision la vie de Pierre Cardin. Son curriculum vitae est comparable à un parchemin. Paquin, Schiaparelli puis premier tailleur chez Christian Dior, il avait déjà l’étoffe nécessaire pour devenir un grand nom de la mode. D’ailleurs, une voyante lui avait prédit que son nom flotterait partout dans le monde, on peut dire qu’elle ne s’était pas trompée. Il continue son ascension en réalisant les costumes pour La Belle et la Bête, puis il habille les mondains pour les grandes occasions.

« Vous vous rendez compte que j’ai travaillé sur la collection New Look de Dior ! C’était une révolution en dentelles. » 

Pierre Cardin veut révolutionner la mode. En 1960, il fait le buzz avec sa mode « futuriste ». Il fait descendre la haute couture dans la rue en lançant une ligne de prêt-à-porter en 1959. Robes trois trous en tissu thermoformé, cuissardes en vinyle, jupes cerceaux, vestes à épaules pagode… Ou encore ses costumes col mao et ses tenues « Cosmocorps » qui contribueront à la renommée du styliste. Il insuffle un vent de nouveauté. Innovateur, il est aussi le premier créateur à dévoiler un défilé homme dans les salons du Crillon avec pour modèle une armée d’étudiants. Toujours avec un coup d’avance, il organise des défilés aux allures de superproductions. Deux d’entre eux sont gravés dans les mémoires : sur la place Rouge à Moscou devant 200 000 personnes en 1991, et celui au milieu du désert de Gobi en 2007.

Un business man

La ténacité et la soif d’entreprendre de Pierre Cardin font de lui un homme d’affaires hors pair à la tête d’un empire de 600 millions d’euros en 2019. Rien que ça. Son crédo ? Multiplier les contrats de licence. Accessoire, linge, mobilier, briquet… Et il y ajoute ses initiales « PC ». Une stratégie qui lui vaudra des moqueries de la part de ses compères. « La profession m’a agoni d’insultes. On disait que c’était vulgaire, que je ne tiendrais pas trois ans », confiait-il au Figaro en 2006.

«Je suis le seul nom libre de la mode. Depuis les années 1950, je suis resté Pierre Cardin de A à Z. Tous les autres sont morts ou alors passés dans d’autres mains. »

Le petit immigré italien devenu milliardaire cultivait le mystère autour de sa fortune et de ses demeures. Aujourd’hui, on croit recenser une cinquantaine de maisons, allant du château Lacoste au restaurant Maxim’s situé rue Royale à Paris. Et, toutes ces licences lui auraient rapporté quelque 35 millions d’euros de royalties par an.

Rares sont les créatifs qui réussissent à élever un empire comme Pierre Cardin l’a fait. Il était aussi bien connu pour sa mode avant-gardiste que pour ses talents d’homme d’affaires à l’origine d’un modèle économique florissant et reconnu.

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