Kitesy présente sa marque de bijoux upcyclés

Est-ce que vous pouvez vous présenter ?

Je m’appelle Kitesy, j’ai 35 ans. J’ai plusieurs professions, professeur de yoga, styliste et entrepreneur. J’ai travaillé pendant plusieurs années dans différentes maisons parisiennes de luxe, telles que Balenciaga, Balmain ou Lacoste. Puis j’en ai eu assez de ne faire que du stylisme. Je me suis rendu compte que les postes que je préférais, c’était ceux où je gérais une collection de A à Z.

Rapidement, j’ai essayé de monter un projet plus personnel. À l’époque, j’avais l’idée de créer ma marque de maroquinerie. Après cela, je ne suis plus jamais revenue au métier de salarié. J’avais enfin trouvé le métier qui me plaisait, peu importe le projet, du moment que cela touche à l’esthétique.

Donc vous avez décidé de vous lancer dans l’entrepreneuriat ?

Qu’est ce qui vous plaît ?

Le fait d’être libre dans les créations comme dans le timing. Souvent, dans les entreprises, on va un peu doucement parce qu’il faut faire valider les idées en respectant une certaine hiérarchie. Alors que quand tu es entrepreneur, tout va très vite. Ce qui me plaît le plus, c’est de faire pleins de choses différentes, mais rapidement.

Pourquoi avoir lancé votre marque de bijou ?

J’ai commencé en me lançant dans la maroquinerie, puis avec la création de mon concept de yoga hip-hop avec une amie, mais il me manquait le côté mode. Je voulais créer un projet qui me corresponde et où je sois seule à bord. Je me suis lancée dans les bijoux naturellement. Plusieurs filles me demandaient sur Instagram où j’avais trouvé mes bijoux. Il s’agissait de bijoux vintage qui provenaient soit de ma famille ou de mes trouvailles en chinant, je me suis dit que c’était peut-être cela qu’il fallait que je mette en avant. 

Pourquoi une marque de bijou upcycler ?

Je voulais créer ma marque de bijou, mais je connaissais la difficulté de créer des pièces de A a Z. Comme j’ai travaillé dans différentes entreprises, je connaissais le problème des fournisseurs. Sensibilisée à l’écologie, je ne me voyais pas créer une nouvelle chose pour créer. Il y a plein de matières autour de nous qui ne sont pas utilisées. Je me suis dit que l’upcycling était la solution, c’est moi qui choisis quand je vais chercher la matière première, quand je la désassemble et quand je l’assemble. Je suis vraiment très indépendante.

Où choppez-vous les pièces ?

Cela dépend de mes voyages, de mes envies et de mes idées. Par exemple, pour la première collection, quand j’ai commencé à faire mes recherches de bijoux, j’étais en Guadeloupe, d’où la présence de coquillage. Après, j’étais à Lanzarot, une île où l’on trouve beaucoup de pierres énergétiques. Quand je suis sur Paris, je vais dans les vides greniers et aux marchés aux puces. Je n’ai pas d’adresse précise ; les stocks vintage ne sont pas réguliers. 

Vous devez passer beaucoup de temps sur la confection des bijoux ?

Exactement ! C’est pour cela que je ne peux pas vendre mes bijoux 2 euros. Le temps de trouver les pièces intéressantes, dans l’air du temps et qui correspondent à mon image, c’est très long. Il y a une période de recherche vintage qui est de 3 à 4 semaines. Je chine 2 à 3 fois par semaine, le temps nécessaire pour accumuler de nombreuses pièces.

Est-ce que vous fixez un budget ?

Oui, enfin, je ne me fixe pas un budget global, mais par pièce. En général, j’achète de gros lots, je négocie avec les vendeurs en leur demandant de me faire un prix. Mais je ne peux pas dépasser un certain chiffre par pièce, sinon je ne m’en sors pas, le bijou serait beaucoup trop cher. 

Quels sont les matériaux que vous utilisez ?

J’essaye de faire en sorte que mes pièces soient de bonne qualité, c’est pour cela que je ne peux pas acheter sur Vinted ou le Bon Coin. J’ai besoin de voir le métal en vrai, de le soupeser avec les mains. Je préfère quand c’est du laiton plaqué, or ou argent. Je porte des bijoux vintage depuis toujours donc j’arrive tout de suite à voir si c’est une belle qualité de métal ou non. Dès que j’ai mes pièces, je les plonge dans des bains pour les rendre plus brillantes et propres, et c’est comme ça que je vois si le plaquage est de mauvaise qualité. 
Pour les boucles d’oreilles, pour des raisons d’hygiène, c’est la seule partie qui n’est pas vintage, je les achète chez des grossistes, ce sont des anneaux plaqués or 14 carats en laiton. 

Est-ce que vous avez des idées précise des bijoux que vous voulez confectionner ?

En premier, je fais mon moodboard d’inspiration, je regroupe tous les bijoux que j’ai vus et que j’aime bien. J’essaie de faire un peu plus de colliers que de boucles d’oreilles parce que je veux toucher autant les garçons que les filles. Je fais attention à ce que les filles ne soient pas privilégiées. Je ne souhaite pas que Kitesy-Martin Bijoux soit une marque girly.

Combien d’heures passez-vous sur la confection ? 

C’est ma partie préférée, je ne vois pas le temps passer. Je peux commencer à 20 h et finir à minuit. Je dirais que je fais 3 fois des sessions de 4 heures pour faire une collection d’une trentaine de pièces.

Est-ce que le succès est au rendez-vous ?

C’était bien plus que ce que j’attendais. Au début, c’était plus pour me faire plaisir à moi, je me suis dit « ça sera une vitrine de ce que j’aime vraiment faire ». J’ai lancé la marque juste avant Noël, je crois que les gilets jaunes m’ont un peu aidé, les gens ne pouvaient pas sortir. Et en fait, cela a vraiment marché, j’ai halluciné ! J’ai vendu une trentaine de pièces en 3 jours, alors que je pensais en vendre 3 en un mois. 

Pourquoi avoir fait une collaboration avec Teva Sartori et Give me your word ?

Tout d’abord, parce que ce sont des amies. Le but de la marque est de me faire plaisir et de faire des choses qui me ressemblent vraiment. Les collaborations se font très naturellement avec les personnes de mon entourage qui font de belles choses et qui ont un rapport avec l’écologie proche du mien. Teva, je la connais depuis un moment. Je voulais travailler avec quelqu’un de plus jeune que moi qui avait une sensibilité à l’écologie. C’était un très bon moment, et la collaboration a très bien fonctionné puisqu’il ne reste que 2 pièces.
Give me your word est une amie du yoga. Elle fait de jolis bracelets avec des mots, chaque pièce est unique. Sa marque a un côté enfantin qui se mixe bien avec mes bijoux.

Une autre collaboration à venir ?

Une collaboration se prépare pour septembre avec Iris Gonzales. Affaire à suivre… Je préfère travailler avec des amis ou peut-être une marque coup de cœur si l’on me propose une collaboration qui me plaît, mais cela sera toujours dans le but de passer un bon moment.

Quels sont vos projets pour Kitesy-Martin Bijoux ?

J’aimerai vivre de cette marque, mais pour cela, il faudrait que je puisse davantage communiquer et produire. Je n’ai pas assez de bras ni, de cerveau. Je pense prendre un stagiaire à la rentrée. Sinon, j’aimerai que mes bijoux soient exposés dans une boutique parisienne, telle que Archive 18-20.

Quel est votre conseil pour se lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat ?

Selon moi, c’est de bien déterminer son projet avant de le montrer au grand public.

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Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. POLAK dit :

    UN BEL EXEMPLE DE REUSSITE
    ARTICLE QUI DONNE ENVIE DE SE LANCER DANS UNE TELLE AVENTURE

    Aimé par 1 personne

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